Préparer sa retraite

Retraite progressive CARPIMKO : conditions et calcul 2026

Retraite progressive CARPIMKO : ralentir dès 60 ans sans tout arrêter

Après vingt-cinq ou trente ans de manipulations, de tournées ou de séances au cabinet, le corps et l’envie demandent souvent la même chose : ralentir, sans tout arrêter. Longtemps, les professions libérales de santé n’avaient pas de vraie solution intermédiaire entre le plein exercice et la retraite. Ce n’est plus le cas : la retraite progressive leur est ouverte, et depuis septembre 2025, elle est accessible dès 60 ans. Voici comment elle fonctionne pour les affiliés CARPIMKO, ce qu’elle rapporte, et les points de vigilance avant de se lancer.

Le principe : travailler moins, toucher une fraction de sa retraite

La retraite progressive permet de réduire son activité tout en percevant, en compensation, une fraction de ses pensions de retraite (base et complémentaire), sans liquider définitivement ses droits. Vous continuez d’exercer, vous continuez de cotiser, et vos droits continuent de s’accumuler : au moment de votre départ définitif, votre pension est recalculée en intégrant les trimestres et les points acquis pendant la période de retraite progressive.

Longtemps réservé aux salariés, artisans et commerçants, le dispositif a été étendu aux professions libérales par la réforme des retraites de 2023. Et un décret de juillet 2025 a abaissé l’âge d’accès à 60 ans pour les retraites progressives prenant effet à compter du 1er septembre 2025, quelle que soit votre année de naissance.

Les conditions pour un libéral CARPIMKO

Quatre conditions principales doivent être réunies :

  • Avoir 60 ans ou plus.
  • Totaliser au moins 150 trimestres (37,5 années), tous régimes de base confondus. Les trimestres cotisés comme salarié avant votre installation comptent, ainsi que les trimestres assimilés (maternité, maladie, chômage indemnisé, service militaire) et les trimestres rachetés.
  • Réduire vos revenus professionnels de 20 % à 60 % par rapport à la moyenne de vos revenus des cinq années précédant la demande. C’est le critère propre aux indépendants : pas de notion de temps partiel, c’est la baisse effective de revenus qui compte.
  • Exercer votre activité libérale à titre exclusif, et conserver un revenu professionnel d’au moins 40 % du SMIC annuel brut.

Combien touche-t-on ?

La logique est simple : la fraction de pension versée correspond à votre taux de réduction d’activité. Une baisse de revenus de 40 % ouvre droit à environ 40 % de votre pension calculée à cette date ; une baisse de 60 % (le maximum), à environ 60 %.

Particularité de la première année : vos revenus de l’année en cours n’étant pas encore connus, la caisse verse une fraction provisionnelle de 50 % de la pension, puis ajuste lorsque vos revenus réels sont transmis. Prévoyez donc une période de calage dans votre budget.

Deux réalités à intégrer avant de décider. D’une part, la fraction de pension ne compense jamais intégralement la baisse de revenus : ralentir a un coût net, qu’il faut chiffrer précisément. D’autre part, votre pension CARPIMKO, même complète, est structurellement inférieure à vos revenus d’activité, comme nous l’avons détaillé dans notre article sur la perte de revenus à la retraite CARPIMKO. La retraite progressive adoucit la transition, elle ne règle pas la question du niveau de vie : celle-ci se prépare en amont, par la constitution de revenus complémentaires.

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Les points de vigilance avant de se lancer

Le calcul des cinq dernières années. Votre baisse de revenus s’apprécie par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Si vos revenus ont déjà décliné ces dernières années, la marche à franchir pour atteindre les 20 % de baisse peut être plus haute qu’il n’y paraît. À l’inverse, une très bonne dernière année tire la moyenne vers le haut et facilite l’entrée dans le dispositif.

La coordination avec vos cotisations. Qui dit baisse de revenus dit cotisations provisionnelles à ajuster : c’est exactement l’objet de la déclaration de revenu estimé, dont nous avons détaillé la procédure pas à pas. Les deux démarches vont de pair : entrer en retraite progressive sans ajuster ses cotisations, c’est subir une double peine de trésorerie la première année.

Le contrôle annuel. Chaque année, la caisse vérifie que votre réduction de revenus reste dans la fourchette de 20 % à 60 %. En dehors de ces bornes, le versement de la fraction est suspendu. Une activité qui repart plus fort que prévu peut donc interrompre le dispositif.

Les modalités propres à chaque caisse. Les grands principes sont communs à tous les régimes, mais chaque caisse libérale applique ses modalités pratiques. Avant toute décision, demandez une évaluation à la CARPIMKO depuis votre Espace Personnel, et anticipez : la demande se prépare plusieurs mois avant la date d’effet souhaitée.

Pour qui est-ce vraiment pertinent ?

La retraite progressive prend tout son sens pour les professions physiquement exigeantes : kinésithérapeutes, infirmiers en tournée, pédicures-podologues. Réduire le rythme à 60 ans plutôt que tenir à bout de forces jusqu’à 64 ou 65 ans, c’est souvent la différence entre une fin de carrière choisie et une fin de carrière subie, parfois sur arrêt maladie.

Elle est aussi un outil de transmission : réduire progressivement son activité en accompagnant un jeune associé ou un successeur au cabinet, tout en lissant ses revenus. Mais elle se prépare : idéalement, la décision se construit deux à trois ans avant, en vérifiant son relevé de carrière (les 150 trimestres se prouvent), en chiffrant la perte nette, et en calant les revenus complémentaires qui prendront le relais.

Ce qu’il faut retenir

  • La retraite progressive est ouverte aux libéraux CARPIMKO dès 60 ans, avec 150 trimestres tous régimes confondus.
  • Le critère pour un libéral : une baisse de revenus de 20 % à 60 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
  • La fraction de pension versée correspond au taux de réduction ; la première année est versée à 50 % à titre provisionnel puis ajustée.
  • Vous continuez d’acquérir des droits : la pension définitive est recalculée au départ complet.
  • Le dispositif adoucit la transition mais ne compense pas tout : la perte nette se chiffre avant de décider, et se prépare en amont.

Faisons le point sur votre situation

Vous avez 55 ans ou plus et vous commencez à penser à la suite ? C’est exactement le bon moment pour poser les chiffres : relevé de carrière, simulation de pension, revenus complémentaires, calendrier. Chez Inari Patrimoine, nous accompagnons les professions de santé dans la construction de leur fin de carrière. Réservez votre bilan patrimonial gratuit : 30 minutes, sans engagement, pour savoir où vous en êtes vraiment.

Par Nicolas De Martrin, fondateur d’Inari Patrimoine
Conseiller en gestion de patrimoine diplômé de l’AUREP à Clermont-Ferrand, l’un des cursus de référence de la profession, Nicolas exerce depuis une dizaine d’années. Il accompagne professions libérales, dirigeants et cadres en toute indépendance, sans produits maison et avec une rémunération transparente. Inscrit à l’ORIAS sous le n° 22004813 (vérifiable sur orias.fr).

Informations à jour à la date de publication, sur la base des textes en vigueur en 2026. Cet article a une vocation pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé.