PER dirigeant 2026 : plafond et déduction avant le 31/12
PER du dirigeant : le calcul qui doit se faire avant le 31 décembre (et ce qui change en 2026)
Chaque année, c’est le même scénario. Un dirigeant nous appelle en janvier, son avis d’imposition ou sa liasse sous les yeux, et demande comment réduire la note. La réponse est frustrante : pour l’essentiel, il est trop tard. La déduction la plus puissante à sa disposition, le plan d’épargne retraite, ne fonctionne que sur les versements effectués avant le 31 décembre. Et un versement de plusieurs dizaines de milliers d’euros ne s’improvise pas dans la dernière semaine de décembre, quand la trésorerie est déjà engagée ailleurs.
L’automne est le bon moment pour poser ce calcul : votre bénéfice 2026 est désormais estimable, il reste encore quelques semaines pour étaler l’effort, et la loi de finances 2026 a changé plusieurs règles du jeu. Voici ce qu’un dirigeant doit savoir cette année.
Le levier : un plafond de déduction qui peut atteindre 88 911 euros
Les versements volontaires sur un PER sont déductibles, dans la limite d’un plafond annuel qui dépend de votre statut.
Pour un dirigeant TNS (gérant majoritaire d’EURL ou de SARL, entrepreneur individuel, professionnel libéral), le plafond 2026 est le plus généreux : 10 % du bénéfice imposable (retenu dans la limite de 8 PASS, soit 384 480 euros), auquel s’ajoutent 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Le plancher est de 4 806 euros, le maximum de 88 911 euros. Ce plafond se déduit de votre bénéfice professionnel, et il ne se reporte pas : la part non utilisée dans l’année est perdue.
Pour un dirigeant assimilé salarié (président de SAS ou de SASU), la formule est celle des salariés : 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, entre 4 710 et 37 680 euros. Ce plafond se déduit du revenu global.
Un TNS peut aussi choisir de déduire ses versements de son revenu global, comme un particulier, dans la limite du plafond indiqué sur son avis d’imposition, ligne « Plafond épargne retraite ». Ce plafond-là intègre les reliquats non utilisés des années précédentes. Les deux régimes ne s’additionnent pas pour un même versement : le choix entre l’un et l’autre conditionne le montant que vous pouvez réellement déduire, et il mérite d’être fait avant de verser.
Dans tous les cas, votre avis d’imposition est le premier document à sortir avant tout arbitrage.
Ce que ça donne concrètement
Prenons un gérant majoritaire dont le bénéfice imposable 2026 s’annonce autour de 100 000 euros. Son plafond de déduction au titre du régime TNS : 10 % de 100 000 euros, soit 10 000 euros, plus 15 % de la fraction entre 48 060 et 100 000 euros, soit 7 791 euros. Total : 17 791 euros déductibles.
S’il verse cette somme et que sa tranche marginale d’imposition est de 41 %, l’économie d’impôt atteint environ 7 294 euros. À 30 % de TMI, environ 5 337 euros. Autrement dit, l’État finance entre un tiers et 40 % de son effort d’épargne retraite. Peu de placements offrent un point de départ pareil, à condition de rester lucide sur la contrepartie : les sommes sont bloquées jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage anticipé (dont l’achat de la résidence principale), et la fiscalité s’applique à la sortie. Le PER est un outil de différé d’imposition, particulièrement efficace quand votre TMI d’activité est élevée et que votre taux à la retraite sera plus bas.
Et vous, que pouvez-vous encore activer avant le 31 décembre ?
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Ce qui change en 2026 : trois règles à intégrer
La loi de finances pour 2026 a modifié trois paramètres qui concernent directement les dirigeants.
Le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans, mais seulement pour les plafonds nés à partir de 2026. Les reliquats de 2023, 2024 et 2025 restent soumis à l’ancienne règle de 3 ans. Concrètement, pour un versement fait en 2026, rien ne change : vous mobilisez les plafonds non utilisés des trois années précédentes. L’allongement produira ses premiers effets en 2030. Ce report concerne le plafond de l’avis d’imposition, pas le plafond TNS, qui ne se reporte jamais. La mutualisation des plafonds entre conjoints mariés ou pacsés reste par ailleurs possible.
Les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles, et la mesure s’applique rétroactivement aux versements réalisés depuis le 1er janvier 2026. Si vous approchez de cet âge, la fenêtre de déduction se referme définitivement.
Les prélèvements sociaux applicables à la sortie sont passés de 17,2 % à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026. Cela ne remet pas en cause l’intérêt du dispositif pour un dirigeant fortement imposé, mais cela doit entrer dans le calcul du rendement net global, en particulier pour les stratégies de sortie en capital.
Pourquoi l’arbitrage se prépare maintenant, pas fin décembre
Trois raisons font de l’automne le moment décisif.
D’abord, la visibilité : à ce stade de l’année, vous connaissez l’allure de votre exercice. Le plafond TNS se calcule sur le bénéfice de l’année en cours ; verser sans estimation sérieuse du bénéfice, c’est risquer de dépasser le plafond (l’excédent ne procure aucune économie) ou de rester très en dessous de ce que votre fiscalité justifierait.
Ensuite, la trésorerie : un versement de 15 000 ou 20 000 euros s’étale bien mieux sur les semaines qui restent que sur les derniers jours de décembre, entre l’acompte d’IS et les échéances de fin d’année.
Enfin, l’articulation avec votre rémunération : le PER n’est qu’une pièce du puzzle. Le montant à verser dépend de votre arbitrage rémunération/dividendes, lui-même dépendant de votre TMI et de vos besoins personnels. Modifier sa rémunération de gérant, cela se décide à l’automne au plus tard, pas le 28 décembre. Les deux décisions se prennent ensemble, dans le bon ordre.
Ce qu’il faut retenir
- Seuls les versements effectués avant le 31 décembre 2026 réduisent l’impôt sur les revenus 2026.
- Plafond dirigeant TNS : 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, jusqu’à 88 911 euros, sans report possible ; assimilé salarié : jusqu’à 37 680 euros, reliquats des trois années précédentes en plus.
- Nouveautés 2026 : report étendu à 5 ans pour les plafonds nés à partir de 2026 (sans effet sur les versements de cette année), fin de la déductibilité après 70 ans, prélèvements sociaux à la sortie portés à 18,6 %.
- Le bon calcul se fait dès maintenant : bénéfice estimable, effort de trésorerie étalable, et arbitrage cohérent avec votre rémunération.
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Le détail des nouvelles règles fiscales 2026 du PER est publié sur service-public.gouv.fr. Pour compléter votre réflexion, consultez notre article « Rémunération ou dividendes en 2026 : le vrai calcul du dirigeant de PME » et notre page dédiée aux dirigeants d’entreprise.
Par Nicolas De Martrin, fondateur d’Inari Patrimoine. Conseiller en gestion de patrimoine diplômé de l’AUREP à Clermont-Ferrand, l’un des cursus de référence de la profession, Nicolas exerce depuis une dizaine d’années. Il accompagne professions de santé, dirigeants et cadres en toute indépendance vis-à-vis des banques et des assureurs, sans produits maison et avec une rémunération transparente. Inscrit à l’ORIAS sous le n° 22004813 (vérifiable sur orias.fr).
Article mis à jour le 12 octobre 2026. Cet article a une vocation pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé.
