PER ou assurance-vie pour un médecin : que choisir ?
C’est une question qui revient à presque chaque rendez-vous avec un médecin : « PER ou assurance-vie, je mets mon argent où ? ». Et la plupart du temps, la vraie réponse surprend : ce n’est pas l’un ou l’autre. Les deux ne servent tout simplement pas à la même chose.
Pour bien choisir, il faut d’abord comprendre ce que chacun fait vraiment. On vous explique, simplement.
Deux outils, deux logiques différentes
On a tendance à les opposer, alors qu’ils sont complémentaires. Le PER est avant tout un outil de retraite et de défiscalisation. L’assurance-vie est un outil de souplesse et de transmission. Comparer les deux, c’est un peu comme comparer un marteau et un tournevis : tout dépend de ce que vous voulez faire.
Le PER : l’arme anti-impôt du médecin
Le gros avantage du PER, c’est l’entrée. Chaque euro que vous y versez vient en déduction de votre revenu imposable. Et plus votre tranche d’imposition est élevée, plus l’économie est forte. Pour un médecin imposé à 41 %, verser 10 000 € sur un PER, c’est 4 100 € d’impôt en moins la même année.
Autre point fort pour vous : en tant que professionnel libéral, votre plafond de déduction est nettement plus généreux que celui d’un salarié. En 2026, il peut atteindre jusqu’à 88 911 € selon vos revenus. De quoi absorber une belle partie de votre fiscalité, surtout les bonnes années.
La contrepartie, c’est que l’argent est en principe bloqué jusqu’à la retraite (avec quelques exceptions, comme l’achat de la résidence principale ou les accidents de la vie). Et à la sortie, ce que vous avez déduit est réintégré dans votre revenu imposable. Mais en général, à la retraite, vos revenus sont plus faibles qu’en pleine activité, donc votre tranche aussi : l’opération reste très souvent gagnante.
Pour un médecin, le PER coche deux cases d’un coup : il allège l’impôt aujourd’hui, et il prépare une retraite que votre régime obligatoire, la CARMF, ne couvrira que partiellement, souvent à moins de la moitié de vos revenus d’activité. On en parle plus en détail dans notre article sur la réduction d’impôt en profession libérale.
L’assurance-vie : la souplesse et la transmission
L’assurance-vie, c’est l’inverse du PER sur un point clé : votre argent reste disponible. Vous pouvez récupérer tout ou partie de votre épargne à tout moment, sans attendre la retraite. C’est l’outil idéal pour une épargne de moyen ou long terme que vous voulez garder sous la main.
Elle n’offre pas de déduction à l’entrée, mais elle a deux atouts précieux. D’abord, après 8 ans, vous bénéficiez d’un abattement annuel sur les gains lors de vos retraits : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple. Concrètement, beaucoup de retraits se font alors avec très peu, voire pas d’impôt sur le revenu.
Ensuite, et c’est souvent ce qui fait la différence, l’assurance-vie est un formidable outil de transmission. Les sommes versées avant vos 70 ans se transmettent à chaque bénéficiaire avec un abattement de 152 500 €, en dehors des règles classiques de succession. Pour protéger un conjoint, des enfants, ou organiser sa transmission, c’est difficile à battre.
Alors, lequel choisir quand on est médecin ?
Tout dépend de ce que vous cherchez en priorité.
Si votre problème numéro un, c’est une fiscalité trop lourde et une retraite à préparer, le PER est probablement votre point de départ. Si vous voulez avant tout garder de l’épargne disponible et préparer votre transmission, l’assurance-vie passe devant.
Mais dans la réalité, pour un médecin qui gagne bien sa vie, la bonne réponse est très souvent : les deux. Le PER pour défiscaliser et bâtir la retraite, l’assurance-vie pour la souplesse et la transmission. La seule question qui compte, c’est le bon dosage entre les deux, et il dépend de votre situation à vous.
Les bonnes questions à se poser avant de décider
- Ai-je besoin de garder cette épargne disponible, ou puis-je la bloquer jusqu’à la retraite ?
- Quelle est ma tranche d’imposition aujourd’hui ? Plus elle est élevée, plus le PER est intéressant.
- La transmission à mes proches est-elle un sujet important pour moi ?
- Où en suis-je de ma préparation retraite, au-delà de la CARMF ?
Ce qu’il faut retenir
- Le PER et l’assurance-vie ne sont pas concurrents : ils ne servent pas la même chose.
- Le PER déduit vos versements de votre revenu (jusqu’à 88 911 € en 2026 pour un libéral) : idéal si vous êtes fortement imposé et que vous préparez votre retraite.
- L’assurance-vie garde votre épargne disponible, allège la fiscalité des gains après 8 ans, et offre un cadre de transmission très avantageux (152 500 € par bénéficiaire).
- Pour un médecin, c’est très souvent les deux, avec un dosage à ajuster.
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Par Nicolas De Martrin — Fondateur d’Inari Patrimoine
Conseiller en gestion de patrimoine diplômé de l’AUREP à Clermont-Ferrand, l’un des cursus de référence de la profession, Nicolas exerce depuis une dizaine d’années. Il accompagne professions de santé, dirigeants et cadres en toute indépendance vis-à-vis des banques et des assureurs, sans produits maison et avec une rémunération transparente. Inscrit à l’ORIAS sous le n° 22004813 (vérifiable sur orias.fr).
